Le thé à la menthe est la boisson traditionnelle du Maroc, préparée avec du thé vert, de la nana (menthe) et beaucoup de sucre blanc sous forme de pain. Servi très chaud, il est bu tout au long de la journée et ne se refuse pas. Il fait partie d’un art de vivre symbolisant hospitalité, partage, cordialité. Même le plus pauvre des montagnards vous en offrira toujours un verre.

On prête à ce breuvage incontournable de nombreuses vertus, notamment toniques et digestives.

Son histoire est assez récente ; d’aucuns prétendent qu’il a été importé par les Anglais, d’autres l’attribuent à des Hollandais ou encore à des Portugais.

Préparation du thé :

  1. Remplir la théière d’eau bouillante, la vider en conservant une petite quantité d’eau
  2. Ajouter le thé qui sera ainsi « nettoyé » – vider l’eau de la théière
  3. Ajouter le sucre et la menthe
  4. Re-remplir la théière d’eau bouillante et laisser infuser 2 à 3 minutes

Avant de servir, il faut impérativement remplir un verre qui sera reversé dans la théière, et ce processus doit être répété deux à trois fois, obtenant ainsi un parfait mélange de tous les ingrédients.

Le thé, servi en « fontaine », est considéré comme réussi lorsque de la mousse se forme au bord des verres.

Traditionnellement, il est servi trois fois. Son goût particulier est dû à la conservation des feuilles de thé et de menthe verte dans la théière, qui continuent d’infuser. Au fur et à mesure des services, la boisson change de saveur : d’un peu amère au début, elle s’équilibre pour enfin  prendre un désaltérant goût léger.

En hiver, la menthe peut être remplacée par de l’absinthe (chiba) qui confère un léger goût amer à la boisson.

La cérémonie du thé chez les Sahraouis

La cérémonie du thé chez les Sahraouis est une tradition, voire un art de vivre personnifiant l’hospitalité.

Le rituel du thé symbolise l’unité familiale et le renforcement des liens amicaux. Le cérémonial de préparation peut intervenir à tout moment de la journée et en tous lieux.

Parmi les traditions sahraouies, la « théorie des trois J » est toujours usitée :

  • « Jamaâ » correspond au groupe ou à la communauté. Plus l’auditoire est nombreux, plus la cérémonie est considérée comme réussie.
  • « Jarr » signifie prolongement.Le traitement des sujets importants dépendant du temps qui leur est consacré, la durée d’une assemblée est un facteur essentiel.
  • « Jamr » ou charbon allumé. Représente le feu traditionnel au charbon, conférant au thé sa saveur particulière.

Lors des cérémonies, être désigné préparateur du thé (Al qayam) est un honneur.

Les sahraouis aiment à observer son savoir-faire quant au maniement des ustensiles, la présentation des tasses, la propreté du plateau, ainsi que sa maîtrise de la communication et son esprit festif et communautaire.

Le « Al qayam » excellant dans la préparation du thé est appelé Fulân Tayyây (Le bon préparateur).

Les Sahraouis aiment à considérer le thé comme facilitateur digestif, favorisant l’activité psychique, luttant contre le vieillissement et les maladies cardio-vasculaires. C’est pourquoi, il doit, dans leur tradition culinaire, être consommé après chaque repas.

Au Sahara, on ne peut refuser une invitation à la cérémonie traditionnelle du thé, servi corsé et sucré.

Recette du thé au safran

Dans la région de Taliouine, contrée berbère de l’Anti-Atlas, il est de coutume de boire du thé au safran. Sa préparation, lente et longue, est une recherche quasi religieuse de l’équilibre parfait.

Préparation :

Mettre une poignée de feuilles de thé vert, un pain de sucre et quelques pistils de safran dans une théière d’eau froide. Faire frémir pendant un quart d’heure. En fin de décoction, rectifier avec du sucre selon votre goût.

Ce thé, dont le fond de la théière peut servir à une deuxième boisson, se consomme tout au long de la journée.

Le safran est composé de pistils extraits du crocus qui fleurit en automne. Chaque fleur contient 3 stigmates jaunes à l’odeur caractéristique, prélevés et triés manuellement. Il faut environ 15 000 stigmates pour 100 g ou environ 60 000 fleurs pour 1 kilo de safran, ce qui justifie sa réputation de « la plus chère épice au monde ».

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