La culture hassanie du Maroc s’étend de la basse vallée du Drâa jusqu’aux frontières Mauritaniennes.
Le nomadisme, qui a prévalu à l’époque précoloniale, était essentiellement basé sur le pastoralisme, l’oralité et l’élevage camelin. Il a profondément modelé la personnalité sahraouie en intégrant tous les aspects de la vie économique, sociale et culturelle d’une communauté dans son rapport à la nature, à l’homme et à l’absolu.
La tradition orale populaire trouve son ancrage dans la ruralité. Exprimant l’âme et les aspirations profondes de la région, elle est le réceptacle de la mémoire et de la conscience collectives.
Même si les sahraouis sont aujourd’hui sédentarisés, la culture hassanie reste vivace, englobant les traditions culturelle, artistique, linguistique, littéraire, artisanale et culinaire. Les bases culturelles hassanies vont de la cérémonie du thé à l’habitat, du dromadaire à la poésie et tient également compte du rôle fondamental de la femme dans sa société.

La culture sahraouie

Vieille de 10 000 ans, elle complémente et enrichit le patrimoine culturel national. Sa population est composée de nombreuses tribus nomades dont la survie découlait de la découverte de points d’eau, l’astreignant à de permanents déplacements pour sa propre survie et celle de ses troupeaux camelins et caprins.
Ainsi, les sahraouis ont adopté un mode de vie dicté par l’environnement hostile et fondé sur des traditions et coutumes qui leur sont propres.

  • Le dialecte sahraoui: Le dialecte hassani, dominé par l’arabe classique, est très poétique.
  • La poésie sahraouie: Les Sahraouis – poètes innés – apprécient la poésie hassanie qui, s’inspirant de l’attente, de la méditation et de l’extase de l’homme du Sahara, est déclamée sous forme de mélopées.
  • L’habitat sahraoui: L’habitation emblématique est la tente, logement facilement transportable, qui symbolise l’unité sociale et familiale.  Sa confection, à base de laine de caprin, est dévolue aux femmes et exige un travail minutieux qui peut prendre jusqu’à un an ! Ce sont également les femmes qui dressent la tente. Ouverte en permanence, elle est lieu d’hospitalité et de partage.
  • La gastronomie sahraouie: De nos jours, les tables sont bien garnies, mais au temps jadis, la nourriture était simple : viande de dromadaire cuite dans de l’eau ou séchée pour les grandes occasions, pain, lait de chamelle ou de chèvre et beaucoup de thé, l’eau pure étant trop salée.
  • Le cérémonial du thé: Le thé est préparé avec de l’eau recueillie durant les périodes pluvieuses. L’eau de pluie est précieuse et se vend plus cher que l’eau du puits, trop salée. La cérémonie du thé, pour ainsi dire permanente, permet des rencontres et des échanges sur divers sujets avec des visiteurs de passage : cheptel, la vie dans les tentes lointaines, etc. C’est également l’occasion d’improviser, en dialecte ou en arabe classique, des poésies hassanies, ayant pour thèmes la nature ou la foi …
  • Le vêtement sahraoui: Dans la culture sahraouie, les vêtements possèdent leurs propres couleurs : le bleu et le blanc pour l’homme et le noir et le bleu pour la femme. L’on dit qu’elles protègent le corps des effets des rayons solaires et préservent de la chaleur. L’homme porte la «deraâ», une large chemise ouverte des deux côtés, et un «saroual», pantalon large et aéré offrant une grande aisance de mouvement. Il est coiffé d’un turban – « chèche » – bleu, noir ou blanc pour se protéger du soleil et des tempêtes de sable.
    Les femmes portent un ample tissu appelé « melhfa », fait de 3 pans – noir, blanc et bleu foncé – non cousus mais noués aux épaules et retenus par une ceinture « hzam ». Par le passé, les femmes portaient des bijoux en argent, l’or étant considéré comme porte-malheur.
  • Le dromadaire : Dromadaire, tiré du mot grec « dromas », signifie coureur. Pour les Sahraouis, il représente grandeur et appartenance à la religion musulmane, citée dans le Coran et la Sounna. Son élevage et sa consommation sont d’une grande importance dans la culture Sahraouie. Le dromadaire peut parcourir des dizaines de kilomètres par jour. Il est robuste et résiste à la soif, pouvant s’abstenir de boire pendant plus de 10 jours en conservant des réserves d’eau importantes dans sa bosse. Il dispose d’une anatomie particulière et d’une physiologie adaptée au désert et à la chaleur. C’est le seul animal pouvant transformer sa graisse en eau grâce à une réaction physiologique d’oxydation, capable de produire jusqu’à 40 litres. Il supporte également sécheresse et sous-alimentation. Il peut effectuer toutes sortes de travaux agricoles et la production laitière des chamelles est bien supérieure à celle des vaches. Chargé, l’animal peut parcourir entre 4 et 7 kilomètres en une heure et marcher 40 à 50 kilomètres/jour, et ce pendant des jours, voire des semaines. Animal exceptionnel, le dromadaire est un don du ciel grâce auquel l’homme peut affronter et défier les difficultés du Sahara. Patient et endurant, l’animal est fier, refusant toute forme d’agression. Si vous faites mal à un dromadaire, il pourra se venger même 20 ans plus tard. Et s’il s’oppose à l’intégration d’un autre dromadaire sans son troupeau, il pourra le combattre jusqu’à la mort.

Les traditions sahraouies

Le mariage

Jusque dans les années 70, c’étaient encore les familles qui arrangeaient le mariage, mais dorénavant, c’est l’homme qui choisit son épouse. Les femmes da la famille de l’époux rencontrent la famille de la promise pour faire connaissance et engager les démarches.
Autrefois, le mariage durait une semaine, aujourd’hui il ne dure plus que trois jours.
C’est la famille du marié qui supporte la totalité des frais de la cérémonie. La dot et les frais de bouche sont proportionnels aux moyens dont dispose la famille de l’époux et comprend généralement des bijoux, vêtements, tapis, sucre et dromadaires.
Après signature, par les pères des époux et en présence de 12 témoins, les présents sont acheminés dans la famille de l’épouse. Ce cérémonial, formant cortège, a lieu le premier jour du mariage. Le mari retourne alors dans sa famille et son épouse s’installe pudiquement dans une chambre, entourée de ses amies.
Le premier jour est célébré dans la maison familiale de la jeune fille. La fête commence sans la présence des futurs époux. La mariée rejoindra la fête en début de soirée, quant à l’époux, il attendra minuit pour venir chercher sa femme et la ramener chez lui.
Au petit matin du 2e jour, la jeune fille, devenue femme, reçoit sa famille venue lui offrir divers cadeaux. Dès lors, la fête reprend chez le marié avec l’aide matérielle de ses amis.
Le 3e jour, la jeune femme repart chez ses parents avec des cadeaux reçus de la famille de l’époux pour célébrer le dernier jour de la cérémonie.

Certains cadeaux seront alors distribués aux chanteurs, poètes et musiciens venus animer l’événement.

Naissance du premier enfant

Dans la tradition sahraouie, alors que le couple attend son premier enfant, la femme quitte le foyer conjugal au début du 8e mois pour accoucher dans la maison de ses parents.
Le 3e jour après la naissance du bébé, une cérémonie se déroule chez les parents.
Le 7e jour est organisée une grande fête en l’honneur de l’enfant en présence de la famille et des amis. Ce jour-là, la mère choisira le nom de son enfant, tiré au sort, parmi trois noms proposés par les membres de la famille. Si dans l’entourage immédiat de l’enfant une personne exprime sa prédilection pour un prénom, celui-ci est adopté sans contestation. Quarante jours après la naissance, la femme rentrera avec son enfant au foyer conjugal.

Le divorce sahraoui

Il est très fréquent chez les Sahraouis. C’est même le plus souvent la femme qui le demande et elle l’obtient facilement. Loin de la dévaloriser, le divorce valorise la femme sahraouie. Plus elle se marie, divorce puis se remarie, plus sa cote augmente auprès des hommes. Tout un code culturel se tisse autour du divorce qui privilégie largement la femme. Le divorce n’est pas un évènement négatif, il est simplement considéré comme la rupture du contrat de mariage. Les relations d’amitié entre personnes divorcées, loin d’être rompues, sont au contraire entretenues à vie. Même remariée, la femme peut continuer à recevoir son ex-mari, de même que son nouveau mari peut recevoir son ex-femme. Les enfants issus des divers mariages continueront à se fréquenter dans ce cercle familial élargi. Ils fonctionneront comme une famille normale car les liens du sang sont très forts chez les Sahraouis et ne sont jamais rompus par des problèmes familiaux.

Décès

Le défunt est enterré selon les rites religieux. La procession funéraire n’est composée que d’hommes. Les amis du défunt rendent visite à sa famille durant plusieurs jours.

Pour une veuve, le deuil dure 4 mois et 12 jours. Durant cette période, elle ne portera ni vêtements clairs, ni bijoux, ni maquillage, ni parfum, ne sortira pas le soir et ne parlera qu’aux hommes de sa famille. Ce délai passé, elle reprendra le cours normal de sa vie.

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